Jean Gourmelin

Evénement :

Les Univers de Jean Gourmelin
à la Bibliothèque du Centre Pompidou
du 18 juin au 29 septembre 2008

Livres disponibles :

Un souvenir d'enfance
d'Evariste Galois

avec Pierre Berloquin
un eBook à télécharger ici

A la mémoire
de l'humanité

préface d'Alain Decaux
au Cherche-Midi

Les Univers
de Jean Gourmelin

l'album de l'exposition
au Cherche-Midi

 

Jean Gourmelin crée et peuple un univers qui lui est propre, de personnages et d’objets tous habités de philosophie. Avec l’apparence d’un dessinateur humoristique, Gourmelin substitue au rire une ironie métaphysique. Son trait prête à penser - en prime à sourire - en surprime à émigrer dans un autre univers. « Si j’en avais les moyens, j’aimerais recréer une ambiance artificielle où rien ne viendrait de la nature, un monde fermé », avoue Gourmelin, ajoutant : « avec quand même une possibilité de communiquer avec l’extérieur ».

Cette « possibilité », Jean Gourmelin l’a bienheureusement et abondamment exploitée. Il ne s’est pas privé de « communiquer avec l’extérieur » puisqu’il a publié 9 albums, illustré Rimbaud, Leroux, Maupassant, Sternberg et d’autres et collaboré à de nombreuses revues dont Bizarre, Planète, Zoom, Le Point, Hara-Kiri, Plexus, Charlie-mensuel, Pilote, Elle, Le Monde, Le Figaro, Connaissance des Arts...

Même intervenant comme "simple" illustrateur, Jean Gourmelin ne se départit jamais de sa qualité d’auteur. Il n’illustre pas Balzac au sens où il rendrait en graphismes ce que Balzac dit en mots. A l’opposé, ce sont des créatures de l’univers Gourmelin qui viennent, en toute sympathie, visiter Balzac et rendre hommage à son talent. Lorsqu'il illustre les jeux d'été dans Le Point, il convoque ses créatures pour jouer avec les lecteurs.

 

 

Jean Gourmelin naît à Paris le 23 novembre 1920. Il est fils unique et commence à dessiner avec passion dès l’âge de cinq ans. A l’école, un professeur de dessin lui donne confiance en son talent.

1935 : ses parents quittent Paris pour Vendôme où son père ouvre une boutique de graineterie.

1937 : à 17 ans il est initié par le peintre Charles Portel à la technique du papier peint, de la gravure sur bois et du pochon. Il devient vite concepteur pour la maison Nobilis. L'univers particulier du papier peint, avec sa logique spatiale propre a une grande influence sur le développement de sa pensée.

1938 : participation à une exposition collective intitulée « Balzac », au Musée de Vendôme.

1940 : de retour à Paris à 20 ans, il s’inscrit aux « Arts Décoratifs » à l’Atelier Jaudon, projetant d'être professeur de dessin, ce qu'il ne sera jamais.

 

1945 : entrée dans l’atelier du célèbre verrier Max Ingrand où il sera collègue de Claude Serre, le dessinateur d’humour. Il devient Directeur du Bureau des Dessins  des Ateliers Max Ingrand, passage Tenaille à Paris. On peut voir ses vitraux sur la cathédrale de Rouen ou dans les chapelles des châteaux d’Amboise et de Blois ou encore dans l'église de Saint-Malo.

1951 : Maximilien Vox, célèbre publicitaire et éditeur de l'époque, l'oriente vers le dessin de presse en lui commandant des « reportages dessinés » pour des revues dont il est le directeur artistique.

1961 : à 41 ans il rencontre l’écrivain Jacques Sternberg, qui deviendra son grand ami et qui l'invite à consacrer son dessin « non à l’esthétisme mais à l’idée ». Cette influence est déterminante pour l'émergence de ce qui va devenir l'univers propre de Jean Gourmelin.

1962 : intéressé par la ligne éditoriale de la revue Bizarre (publiée par Jean-Jacques Pauvert) il va proposer au rédacteur en chef Michel Laclos "des dessins qu'il ne songeait pas à montrer". Le numéro 23 de la revue lui consacre une double page de 5 dessins, les premiers réels "Gourmelins", dans la rubrique Dessinateurs Nouveaux, avec la mention "41 ans. Paris. Dessinateur en décoration. Peintre. Depuis trois ans, approfondit le dessin"..

1963 : il débute une longue collaboration avec la revue et les éditions « Planète ».

1966 : il a quarante-six ans et dessine les décors et les costumes de « Le Golem », un film de J. Kerchbron et Louis Pauwels.

1967 : sa première exposition personnelle à la galerie « Le Tournesol » est un grand succès et consacre sa notoriété auprès des éditeurs parisiens, qui vont beaucoup le faire travailler.

1968 : il abandonne le vitrail pour vivre désormais du dessin. Dans France-Soir, il illustre les « Chroniques » de Jacques Sternberg.

> 1969 : son premier album de dessins intitulé « Gourmelin » est publié aux éditions Planète, avec une superbe préface de Louis Pauwels. Il reçoit le Grand Prix de l’Humour Noir et expose à la galerie Christiane Colin.

1970 : il crée les décors et les costumes du film « L’Homme qui Rit » de J. Kerchbron, d’après l’œuvre théâtrale de Victor Hugo.

1971 : il participe à l'exposition « L’Humour à travers les âges » à la Bibliothèque Nationale.

1972 : il expose à la galerie Christiane Colin et publie aux éditions André Balland l'album « Pour Tuer le Temps ».

1973 : il collabore désormais régulièrement avec la presse (il restera treize ans au sommaire du magazine « Le Point » et travaillera également au « Figaro ») Il réalise les décors et les costumes du film « Président Faust » de J. Kerchbron et Louis Pauwels. Il publie une collection d’assiettes peintes, "Les Masques du Vide", pour la galerie Jacques Casanova.

1974 : il publie chez André Balland « Un souvenir d'enfance d'Evariste Galois » co-signé avec Pierre Berloquin.

1975 : il expose à la galerie « La Galère » et publie « Le Hasard » aux éditions André Balland. Il réalise les décors et les costumes du film « La Grande Trouille » de Pierre Grunstein.

1976 : une émission télévisuelle « Fenêtre sur », réalisée par M. Honorin sur la chaîne A2, lui est consacrée.

1977 : il réalise les affiches de spectacles de Robert Hossein de même que les décors de « Néfertiti », de Andrée Chedid au théatre de la Plaine.

1979 : expositions personnelles à la Maison de la Culture de Créteil, à la galerie Rivolta à Genève et au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

1981 : exposition de sculptures réalisées d'après ses dessins pour le Chamois, papéterie de luxe au forum des Halles de Paris

1987 : il publie « Instants d'espaces » aux éditions du Cherche-Midi

1993 : il participe à l'exposition " Traits d'impertinence " au Centre Georges-Pompidou et publie "A la mémoire de l'humanité " aux éditions du Cherche-Midi

Il participe à de nombreux autres évènements culturels, notamment à l’émission télévisuelle « Tac au Tac » qui réunit sur un plateau et en direct des dessinateurs qui improvisent collectivement.